Wrapped around your finger / Don’t stand so close to me 8’14
Contact 6’41
The other way of stopping 2’13
Peanuts 5’13
Temps total 42’41
Jazz attitude et culture rock : délaissant les standards traditionnels et au terme d’un long travail collectif de gestation, Laure Donnat, Guillaume Séguron, Rémi Charmasson et Éric Échampard se forgent un répertoire de compositions signées par Sting et Stewart Copeland pour le groupe « The Police ». Pour une musique d’une profonde et troublante beauté. L’emprunt aux musiques populaires et aux airs à la mode reste l’une des voies sûres de l’expression d’une certaine forme de liberté cultivée par la musique de jazz, de ses origines à aujourd’hui. Des mélodies de Broadway et des compositeurs de Tin Pan Alley aux adaptations d’œuvres classiques, en passant par les succès de la variété, les détournements à son profit sont nombreux dans le domaine du jazz et ils jalonnent son histoire de quelques œuvres mémorables. Sa capacité à faire d’une quelconque rengaine un espace de création d’où, au terme d’un traitement spécifique d’appropriation, de transformation et de régénération, émerge une œuvre neuve, émerveille quiconque sait ne pas se contenter du plaisir simple mais un peu limité des seules vertus mélancoliques de la chanson prétexte à l’improvisation. En plus de l’indispensable maîtrise technique et instrumentale, la réussite de l’opération créatrice requiert d’autres précieuses qualités. D’abord la connaissance intime et respectueuses de l’œuvre utilisée, aussi conventionnelle et insipide soit-elle. Outre la mélodie, connaître parfaitement les paroles d’une chanson contribue largement à la richesse des improvisations qu’elle suscite. D’Amstrong (« Herbbie Jeebies ») à Coltrane (« My Favorite Things ») , en passant par Lester Young (« These Foolish Things ») et Miles Davis (« My Funny Valentine »), ils sont nombreux à avoir illustré avec brio cette affirmation, récurrente chez tous les grands solistes de jazz. Disposer ensuite d’une solide culture du champ musical dans lequel s’inscrit la nouvelle proposition afin d’éviter répétitions, démarquages serviles et autres prétendues créations « originales ». S’appliquer enfin à donner de la pièce sélectionnée une lecture qui en diversifie les potentialités, l’enrichit, l’éclaire d’un point de vue inédit et décalé, mais fidèle. Toutes tâches périlleuses dont les musiciens (de jazz, mais passionnellement bercés par le meilleur de la musique « Pop ») réunis ici s’acquittent avec une remarquable efficacité, renouant au passage avec l’authenticité d’un jazz populaire qui sait allier émotion et accessibilité à un musique exigeante mais sans trace de virtuosité gratuite.