Perrine Mansuy, piano Éric Surmenian, contrebasse Joe Quitzke, batterie
Écoute en ligne : plage n°9
Alba 5’55
Secrets de famille 3’59
Lennie’s pennies (Lennie Tristano) 5’45
On Saturday afternoon in 1963 3’32
Valse à 2 temps 4’35
Tangotino 4’08
Sarangi song 3’32
Both sides, now (Joni Mitche) 4’11
Mandragore et noyau de pêche 3’25
Épopée folk 4’49
Murmures 5’37
Major (Carla Bley) 2’45
TOTAL 53’18
Demandez à un bon amateur de vous citer les noms de dix pianistes de jazz et, dans le meilleur des cas, vous aurez la surprise d’y voir figurer au moins celui d’une pianiste. Le plus souvent celui de Mary Lou Williams, artiste majeure de l’histoire du jazz. Dont la notoriété, cependant, reste cantonnée dans un petit cercle des fins connaisseurs de la saga pianistique du XXème siècle. Pourtant, évacuées les vocalistes emblématiques de la présence des femmes dans le jazz, l’amateur curieux sait que nombre de musiciennes ont apporté leur pierre à l’édifice et contribué à la richesse d’un champ d’expression que l’on limite trop facilement à la suprématie de quelques têtes d’affiche. À savoir les génies du jazz, ceux dont l’œuvre fondatrice, admirable, est réduite à sa fonction écran d’arbre qui cache la forêt. Et c’est bien dommage pour les obscurs, las sans grades qui, fort heureusement, font le bonheur de l’amateur éclairé et sensible du collectionneur curieux de comprendre comment, à l’ombre du génie, se dévoilent d’attachants univers musicaux dont l’exploration attentive se révèle source de savoureux plaisirs. Ainsi des musiciennes dont la présence à toutes les étapes de l’histoire du jazz mérite mieux, qu’une mention anecdotique. Au piano notamment, avec, dès les origines, quelques fortes personnalités comme Lovie Austin, Lil Hardin (Armstrong), Mary Lou Williams, Dorothy Donegan, Beryl Booker, Hazel Scott. Puis, au temps du bebop, Babara Carroll, Marian McPartand, Lorraine Geller, Jutta Hipp, Patti Bown, Bertha Hope, Pat Moran, Toshiko Akiyoshi. Toutes ont leur style et leur singularité. De même que les suivantes, au fil du temps et de la lente évolution de la condition féminine, vont être de plus en plus nombreuses : Alice McLeod (Coltrane), Valérie Capers, Joanne Brackeen, Carla Bley, Jessica Williams, Amina Claudine Myers, Michele Rosewoman, Geri Allen, Renée Rosne, Lynne Arriale, Eliane Elias, Rachel Z, Ellyn Rucker, Marylin Crispell, Irene Schweizer, Myra Melford, Cecilia Coleman, Rita Marcotuli, Sylvie Courvoisier, Nathalie Loriers, … Sans oublier, chez les françaises, la pionnière Yvonne Blanc, Magali Souriau, Sophia Domancich, Claudine François, Christine Wodrascka, Sophie Agnel, Carine Bonefoy, … Autant de personnalités musicales affirmées et différentes dans leur approche, leur sensibilité et leur expression pianistique, à découvrir avec délectation, sans trop se soucier des ressemblances à tel (ou telle) figure illustre du piano jazz. Placé dans ces excellentes dispositions un bel univers s’offre aujourd’hui à votre plaisir d’auditeur, celui, inspiré, poétique et ludique de Perrine Mansuy. Pianiste et compositrice accomplie dont le travail s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses illustres (mais trop méconnues) devancières.