A night in Tunisia (Dizzy Gillespie / Franck Pparelli) 4’35
Dan (René Bottlang) 3’37
Straight no chaser (Thelonious Monk) 4’02
B.B. (René Bottlang) 3’38
Well you needn’t (Thelonious Monk) 4’37
Avec des si (René Bottlang) 5’41
Flute song (René Bottlang) 5’16
Believe me my daughter (René Bottlang) 3’39
Solongo (René Bottlang) 7’09
Silence (Charlie Haden) 5’29
Temps total 66’47
« À l’égal de nombre des ses compatriotes suisses, écrivains voyageurs (Blaise Cendrars, bien sûr, mais aussi Ella Maillart, Anne-Marie Schwarzenbach et, surtout, Nicolas Bouvier), René Bottlang s’affirme au fil du temps comme un irrésistible musicien voyageur. Au retour d’un long séjour en Mongolie il nous livre le fruit magnifique de son « échappée belle ». Installé dans le Sud de la France depuis 1978, René Bottlang n’en a pas pour autant cessé de voyager beaucoup. Avec juste son piano, pour tenir le cap et nous délivrer les merveilleux carnets de route de ses diverses pérégrinations, il va son chemin d’homme libre, témoin lucide et non dénué d’humour de la frivolité mercantile d’un environnement social qui ne sait plus rien de la valeur des choses essentielles. Sa musique, elle, nous est chère depuis « In front », album de piano solo singulièrement attachant, gravé en 1980 et salué comme événement par tous ceux qui savent écouter le cœur entre les oreilles, premiers membres fervents d’un cercle d’amateurs sans cesse grandissant et sensible à un univers musical très personnel que porte un sincère chant intérieur. Car si son cheminement est balisé de quelques fameuses rencontres (André Jaume, Mal Waldron, Dan Iarca, Barre Philips, Charlie Haden, Steve Lacy, Jean Querlier, Franz Kolgmann) son itinéraire vagabond reste celui d’un navigateur solitaire. La Suisse, on le sait, est aussi terre de grands navigateurs. Voyageur en quête de sens, René Bottlang est musicien avant toute chose. Classique ? de jazz ? Peu importe ! À la croisée plus probablement. Sourd aux étiquettes marchandes comme aux synthèses approximatives et superficielles, il cultive ce qu’il sait du bonheur complexe de jouer avec les formes, avec un phrasé, un rythme ou une mélodie, la mémoire en éveil (Ellington, Monk, Satie, Schubert et quelques autres) e t la volonté d’aller de l’avant, d’explorer, d’approfondir encore cette part de mystère au delà de laquelle règne l’éternelle sagesse. A cette musique sincère et grave, humour en filigrane, fait écho ce qu’écrivait Nicolas Bouvier à propos de l’écriture : « Quand elle approche de ce qu’elle devrait être, elle ressemble intimement au voyage parce qu’elle est comme on le croit à un affirmation de la personne c’est la dilution qu’elle propose au profit d’un réalité qu’on veut rejoindre. Cette légèreté est le plus grand cadeau que la vie puisse nous faire, mais encore faut-il l’accepter. » (« L’échappée belle », éditions Metropolis, 1996). René Bottang est de retour, écoutons ce qu’il nous rapporte, fraternellement.