Michèle Véronique, violon, voix Agnès Binet, accordéon Jean Bolcato, contrebasse, voix Christian Rollet, batterie, percussions
Écoute en ligne : plage n°4
Triangle 5’03 (A.Binet)
Les instants dérobés 7’13 (M.Véronique)
Veille (A.Binet) 9’55
Okhlam (M.Véronique) 5’03
Luminé (M. Véronique) 7’13
Eau-Forte (M.Véronique) 8’26
Avril (M.Véronique) 6’30
Chaboud Jarret (J.Bolcato) 6’00
Temps final : 55’37
Fruit de rencontres improbables, et par là même inévitables, la musique proposée ici est bien le parfait reflet de la capacité de plus en plus répandue chez les musiciens d’aujourd’hui d’investir les territoires les plus divers sans trop s’embarrasser des notions de frontières et de leurs trop contraignantes restrictions. D’autant moins légitimes que les avancées technologiques ont considérablement réduite la circulation des idées et de ceux qui les portent. Dès lors, rien d’étonnant que nombre de projets musicaux parmi les plus réussis (je ne parle pas bien sûr des dérives factices de la world « muzak » pour supermarché mondialiste) soient le fait d’esprits curieux, un brin aventuriers et soucieux de ramener de leurs explorations respectueuses les éléments d’un univers sonore, qui pour devoir à d’autres n’en présentent pas moins toutes les caractéristiques d’un monde personnel aux couleurs de l’intime et de l’imaginaire libéré. Lorsque l’initiative d’une telle démarche est le fait de deux musiciennes suffisamment complices et sûres de la pertinence de leur projet pour le proposer à deux historiques défricheurs de la grande quête à la recherche d’un folklore imaginaire on ne peut que souscrire à une proposition dont on sait qu’elle ne peut se conclure que par une formidable incitation au voyage en bonne compagnie, dans l’espace et dans le temps, sous le signe du partage et du bonheur de la découverte. Avec, au bout, des images plein la tête et l’inscription, au plus profond de soi, d’une toute petite flamme de plus en plus difficile à entretenir, celle de l’espoir, de l’intelligence et du cœur.